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Quand l’animal devient médiateur : une nouvelle approche d’accompagnement à la Clinique Saint-Paul et à la MAS Les Iris

Jeudi 2 avril 2026

Depuis décembre 2025, Naya, une chienne, intervient régulièrement à la Clinique Saint-Paul et à la Maison d’Accueil Spécialisée (MAS) Les Iris (Saint-Rémy-de-Provence, Bouches-du-Rhône) dans le cadre de séances de médiation animale. Ce projet a été initié par Fabienne Colombier, agent d’accueil des deux établissements, qui s’est formée à cette approche avec son animal

 

La médiation animale est une pratique qui consiste à intégrer un animal dans une activité encadrée par un professionnel afin de favoriser le bien-être, la communication et le lien social des personnes accompagnées. L’animal agit comme un médiateur, facilitant les interactions, l’expression des émotions et l’apaisement.

 

Quand une initiative personnelle devient un projet d’établissement

 

À l’origine du projet, une conviction portée de longue date par Fabienne Colombier. Bénévole à la SPA et sensibilisée aux effets positifs des animaux sur les personnes vulnérables, elle évoque régulièrement l’idée de développer la médiation animale au sein des deux établissements.

Les professionnels perçoivent le potentiel de cette médiation pour enrichir les relations avec les personnes accompagnées. L’initiative finit donc par trouver un écho favorable auprès de la direction.

« J’ai suivi une formation à la médiation animale avec ma chienne Naya. Elle participe désormais au quotidien des établissements, puisqu’elle est présente à l’accueil quand j’y suis, mais aussi lors des séances que j’anime désormais dans les unités », témoigne Fabienne Colombier.

Les séances sont organisées toutes les deux semaines et durent environ une heure. Leur déroulement varie selon les publics. A la MAS, Fabienne Colombier commence par présenter la chienne aux résidents afin de s’assurer que chacun se sente à l’aise. Aucune interaction n’est imposée : certains préfèrent simplement observer, tandis que d’autres participent à des activités comme le brossage ou les promenades.

Dans la clinique psychiatrique, les séances prennent une forme plus interactive. Après une présentation de Naya et de son histoire, les patientes sont invitées à échanger autour de l’animal, à la caresser, lui donner des friandises ou à la promener.

« C’est agréable d’écouter Fabienne parler de Naya et de ses expériences en dehors de la médiation animale. Leur complicité est touchante et nous fait beaucoup de bien », affirme une femme suivie par la Clinique Saint-Paul.

 

Apaiser et créer du lien par la médiation animale

 

Les professionnels constatent que la simple présence de Naya suffit à instaurer un climat plus serein dans les unités. A la MAS, même les activités les plus simples, comme le brossage de la chienne, deviennent des moments d’échange et de coopération.

Pour les personnes rencontrant des difficultés de communication, Naya stimule l’implication et les échanges. De plus, certaines personnes qui refusent habituellement de marcher acceptent de se promener en présence de la chienne, tandis que les patientes de la clinique trouvent dans ces séances un espace de répit émotionnel.

« Un jour, alors que je sortais d’un atelier qui m’avait chamboulé, j’ai vu Naya dans le salon et j’ai été tout de suite apaisée », témoigne une patiente de la clinique.

La médiation animale peut également apporter des bénéfices aux personnes présentant des troubles obsessionnels compulsifs (TOC), qui se traduisent par des comportements répétitifs et ritualisés. « Un jour, j’ai observé un résident qui suivait habituellement les lignes du sol pour se déplacer… et qui, aux côtés de Naya, a pu marcher librement », confie Fabienne Colombier.

 

Un outil intégré au projet d’accompagnement

 

Naya devient rapidement un repère dans le quotidien des établissements, inscrivant progressivement la médiation animale dans le projet d’accompagnement. Les équipes utilisent ces séances pour observer et mieux comprendre les besoins des résidents. « Pour certaines personnes qui ne peuvent pas participer à des activités extérieures, Naya devient leur petite bulle d’air frais », constate Karine Lamarthée, cadre administrative.

« Pendant les séances avec Naya, je ne vois pas le temps passer. Naya est vraiment douce et calme, ce qui m’aide à la devenir moi aussi », ajoute une femme suivie par la Clinique Saint-Paul.

Les premiers résultats sont encourageants et l’équipe prévoit de continuer à adapter la médiation animale selon les profils. L’activité contribue ainsi à renforcer le bien-être, la communication et le lien social au sein des unités.

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