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#LeSportChezNous : premières baignades pour Mario et Asma

Lundi 24 juin 2019
Dans le cadre du reportage photographique « Le sport chez nous », Vivre et devenir continue de vous faire découvrir les différents sports pratiqués dans ses établissements. Le sport est un facteur essentiel de bien-être pour les personnes en situation de handicap.

Ce mois-ci, Vivre et devenir a assisté aux séances de balnéothérapie organisée par le pôle de compétences et de prestations externalisées (PCPE) (Villepinte, Seine-Saint-Denis). Les séances se déroulent au Foyer de vie Saint-Louis (Villepinte), qui a mis à disposition du PCPE son bassin thérapeutique. Carine Garrot, éducatrice spécialisée, et Sabrina Calero, monitrice éducatrice, proposent à des enfants et à des adultes ayant entre 6 et 36 ans des séances de balnéothérapie d’environ 1 heure une fois par semaine. « Le PCPE propose des activités à des personnes en situation de handicap ne disposant pas d’accompagnement adapté à leurs besoins. De nombreuses activités sont organisées pour les 46 enfants et adultes suivis. Ces derniers peuvent avoir n’importe quel type de handicap, mais beaucoup sont autistes », explique Carine.

 

Ce jeudi, Carine et Sabrina sont accompagnées de Mario, 8 ans, un enfant non-verbal et qui a peur de l’eau, et Asma, 9 ans, un enfant non-verbal et qui a des difficultés dans les relations avec les autres enfants. Asma vient pour la deuxième fois aux séances de balnéothérapie, mais pour Mario, c’est la toute première séance. Asma rentre volontairement dans l’eau et se sent à l’aise. Mario, au contraire, résiste et se met à pleurer : il s’est déjà baigné dans des pataugeoires mais a peur des plus grands espaces, comme la piscine. Carine révèle que la difficulté qu’elle rencontre à la première séance est généralement de faire rentrer les enfants dans l’eau. « . Ils ne sont pour la plupart jamais allés à la mer ou à la piscine et ils ont peur dans un environnement qu’ils ne connaissent pas. Le bassin les perturbe car l’eau bouge en surface, et les lignes du carrelage ne sont pas fixes : ils pensent que le sol n’est pas stable et ne sont pas en confiance. Notre premier travail est donc de leur ouvrir le chemin en allant dans l’eau, pour leur montrer qu’il n’y a aucun danger. » Carine réussit finalement à convaincre Mario de rentrer dans l’eau, mais il pleure encore beaucoup. Il s’accroche à elle et refuse de toucher le sol.

 

Progresser, explorer, s’amuser

 

A quelques mètres de Mario, Asma est confortablement installée sur un matelas gonflable et Sabrina reste à côté d’elle. Asma sourit et est contente d’être dans l’eau pour la deuxième fois de sa vie. Elle est détendue et joue avec des frites en mousse tant que Mario n’est pas à proximité immédiate : Asma n’a pas l’habitude de voir des enfants de son âge. Elle est scolarisée une heure par jour mais n’est pas en contact direct avec les enfants, car elle entre en classe lorsqu’ils sont déjà assis et sort de la classe avant eux. Dans le bassin thérapeutique, Asma surveille les moindres gestes de Mario du coin de l’œil et veille à ce qu’un adulte soit toujours placé entre le garçon et elle-même. Dès que Mario se rapproche d’elle, elle se tend et cherche à ce que Sabrina la prenne dans ses bras. La monitrice explique qu’elle veut habituer Asma à être en présence d’autres enfants pendant les séances de balnéothérapie. Après 30 minutes de séance, Asma, sous les encouragements de Sabrina, réussit à jeter un ballon gonflable au garçon. Selon Sabrina : « On va doucement habituer Asma à la présence de Mario. Cela va prendre plusieurs mois mais on va y arriver. Les progrès seront lents mais même le plus petit changement représente un succès. » L’objectif à long terme est de permettre à Asma d’aller en centre aéré et de jouer avec d’autres enfants de son âge.

 

Tout au long de la séance, Carine habitue Mario à se trouver dans l’eau et essaie de lui faire toucher le sol. Selon la psychologue : « Pour certains enfants, le travail se situera surtout au niveau moteur : dans l’eau, les enfants qui ont un handicap physique ne ressentent plus la pesanteur et ont beaucoup plus de possibilités de mouvement. Cela leur permet de prendre confiance en eux. Pour d’autres, comme Mario est Asma, l’enjeu se trouve au niveau psychologique. On veut les aider à dépasser leurs peurs pour avoir les mêmes possibilités que les autres enfants de leur âge. »

 

A la fin de la séance, Mario est beaucoup plus à l’aise dans l’eau. Il a même réussi à toucher le sol et à marcher un peu avec l’aide de Carine. Au lieu de sortir du bassin lorsque la psychologue le lui propose, il décide même d’aller dans la partie moins profonde où l’eau ne lui arrive qu’aux mollets. « Mario est beaucoup plus à l’aise quand il peut voir ses pieds et est dans un environnement qui ne le déstabilise pas. Il a vraiment progressé depuis le début de la séance, c’est impressionnant. Je pense que, comme Asma, il sera beaucoup plus à l’aise à la deuxième séance et il cherchera davantage à explorer ce nouveau milieu et à s’amuser », raconte Sabrina.

 

Découvrez l’album photo et les vidéos d’Asma et de Mario :

 

 

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