100ans

Actualités

Lucie Bellalou, 2ème personne en partant de la gauche, entourée par le jury de sa soutenance
Lucie Bellalou, 2ème personne en partant de la gauche, entourée par le jury de sa soutenance

Autisme : Lucie Bellalou obtient son doctorat sur une recherche financée par Vivre et devenir

Mercredi 6 novembre 2019

Le 5 novembre 2019, Lucie Bellalou, 26 ans, chercheuse en psychologie au Laboratoire de Psychopathologie et Processus de Santé de l’Université Paris Descartes, a obtenu son doctorat après avoir effectué une recherche sur la détection et l’accompagnement de la dépression chez les enfants et les adolescents ayant des troubles du spectre de l’autisme (TSA). Son travail a été mené en collaboration avec l’association Vivre et devenir, qui a financé cette recherche.

Comment est née cette collaboration entre l’université Paris Descartes et Vivre et devenir ?

Lucie Bellalou : En 2016, l’association Vivre et devenir s’est rapprochée de mon université afin de lui proposer un sujet de recherche appliquée, qui serait financée par l’association. La demande de Vivre et devenir était de créer une échelle d’évaluation de la dépression chez les enfants et les adolescents autistes, et notamment ceux qui ne peuvent pas s’exprimer par la parole. Le projet initial a été proposé par le Dr Patrick Brossais, psychiatre à l’Institut médico-éducatif (IME) Marie-Auxiliatrice (Draveil, Essonne) et Magalie Soulard, psychologue à l’IME.

Pouvez-vous nous parler de votre recherche ?

LB : La recherche que j’ai mené portait sur quatre volets. Le premier était la création d’une échelle qui permette d’évaluer les signes de dépression chez les enfants et jeunes autistes et notamment ceux qui n’ont pas accès au langage verbal. J’ai construit cette échelle à partir d’une étude approfondie de toute la littérature sur le sujet et des entretiens avec des professionnels. L’échelle créée permet d’évaluer les changements de comportement, par exemple, une diminution de l’autonomie et les changements émotionnels, tels qu’une augmentation des pleurs.

La deuxième étape a concerné l’évaluation de la solidité au niveau statistique de cette échelle. Elle a ainsi été validée par un comité international d’experts et ensuite testée auprès de 153 enfants et jeunes ayant des troubles du spectre de l’autisme, dont plusieurs étaient non verbaux.

Le troisième volet s’appuyait sur l’analyse des entretiens réalisés auprès des familles des 153 enfants. Il visait à identifier les facteurs associés aux symptômes dépressifs chez ces enfants afin de pouvoir développer un programme de prévention et un programme d’actions d’accompagnement en cas de repérage de signes de dépression. Enfin, la dernière étude portait sur les manifestations dépressives dans le fonctionnement habituel des enfants et des adolescents

Quels sont les principaux enseignements de votre recherche ?

LB : L’échelle fonctionne bien et présente de bonnes qualités. Ma thèse valide l’échelle et son utilisation. L’analyse d’entretiens montre que souvent la dépression n’est pas diagnostiquée chez les enfants autistes (cf. encadré). Le principal enjeu est maintenant de diffuser le plus largement possible l’échelle et les résultats de cette recherche afin de proposer aux enfants et jeunes autistes ayant des symptômes dépressifs un suivi adapté.

La recherche autisme et trouble dépressif

En bref :

• 3 ans de recherche

• Création d’une échelle de repérage des troubles dépressifs

• 153 enfants et jeunes autistes évalués

• 11% des enfants et jeunes évalués présentent une dépression clairement identifiée

Principales manifestations dépressives dans le fonctionnement habituel de l’enfant : tristesse, auto-agressivité, absence de plaisir, troubles du sommeil, troubles alimentaires, culpabilité et dévalorisation.