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Surfer sur la vague du paralympisme : six jeunes de Bell’Estello plongent dans l’aventure à Capbreton
Du 18 au 25 octobre, six jeunes suivis par le dispositif Bell’Estello du Pradet (Var) ont participé à un séjour d’initiation au surf à Capbreton. Accompagnés d’une éducatrice spécialisée et d’une enseignante en activité physique adaptée, ils ont découvert l’océan Atlantique, la vie en collectivité et l’éco-citoyenneté. Une semaine pensée pour développer autonomie, adaptabilité et dépassement de soi.
Une semaine immersive entre surf, nature et vie collective

Agés de 9 à 13 ans, les jeunes ont été plongés dans un univers nouveau : un appartement partagé et une école de surf labellisée Handisurf où se déroulait l’essentiel des activités. Chaque matin, les séances encadrées par des moniteurs sensibilisés au handicap leur ont permis de travailler repères, sécurité et équilibre. Ils ont appris à apprivoiser l’Atlantique : comprendre comment se forment les vagues, repérer les zones de courant et sentir la force du vent. Cette immersion faisait écho au travail d’aisance aquatique mené en amont en piscine : une semaine d’entraînement quotidien qui a facilité leur adaptation dans l’océan.
« Ils se sont jetés à l’eau sans hésiter, dès la première séance », souligne Anne-Louvet, enseignante en activité physique et adaptée. Cette prise d’initiative s’est rapidement traduite par une progression visible dans l’eau.
« Ce séjour, construit au rythme de l’énergie des jeunes et de la météo, s’adaptait aux besoins et envies des jeunes quotidiennement. Les après-midis étaient consacrés à des activités sportives ou culturelles : visite de l’aquarium, découverte de Biarritz, randonnée autour du lac de Soustons, ateliers écocitoyens sur la plage pour les sensibiliser à la protection de l’environnement… », témoigne Anne-Louvet.
Une journée de tempête, avec des rafales à 140 km/h, a même forcé l’arrêt des activités nautiques : « On ne pouvait pas s’approcher de l’océan ! », raconte Charlotte, 11 ans, fascinée par la force de l’Atlantique.
Grandir ensemble : autonomie, défis et solidarité

Dès les premières immersions à l’école de surf, les jeunes ont fait preuve d’adaptation : enfiler la combinaison, porter la planche ou affronter des vagues parfois puissantes sont devenus, jour après jour, de nouveaux défis relevés avec assurance. « Les vagues mesuraient parfois entre 1m50 à 2 mètres. Ça peut faire peur mais moi je me sentais à l’aise sur la planche et dans l’eau, surtout grâce aux professeurs et à la combinaison qui nous permettait de ne pas avoir froid et de flotter », explique Logan, 13 ans.
Certains ont même dépassé leurs propres limites : ”A l’école de surf, j’ai mis un déguisement (la combinaison). Au début, ce n’était pas facile de l’enfiler… A la fin, j’y arrivais presque seul”, confie Hassouna, 10 ans.
Dans l’appartement, la vie en collectivité a fait émerger de nouvelles compétences : ranger ses affaires, participer aux courses, respecter les rituels du soir – parfois différents de ceux de la maison – ou encore aider un camarade en difficulté. « Le groupe était joyeux, taquin et très bienveillant. L’entraide et la complicité se sont installés naturellement », affirme Françoise Sintes, éducatrice spécialisée. Les professionnelles furent présentes de jour comme de nuit pour accompagner les jeunes dans cette expérience riche en adaptation.
La sensibilisation à l’environnement a également marqué les esprits. « On n’a pas fait que du surf, on a aussi appris le tri. Par exemple, on a mangé des pizzas et après on est allés mettre les cartons dans des conteneurs. Moi, j’ai été surprise aussi par la propreté des plages atlantiques. Il n’y avait pas beaucoup de déchets, par rapport à la Méditerranée », retient Charlotte.
Des retombées éducatives fortes et un bilan très positif

Au retour, les professionnelles ont constaté des effets immédiats : davantage d’assurance, une autonomie renforcée, une meilleure gestion des émotions et une cohésion de groupe nettement consolidée. La séparation avec les familles – parfois délicate – s’est déroulée sereinement, grâce à une communication régulière via un groupe WhatsApp.
« Ils ont découvert un cadre de vie différent et s’y sont très bien adaptés. On sent qu’ils ont gagné en maturité », souligne Françoise Sintes, qui a observé leurs initiatives et leurs efforts quotidiens.
Même constat du côté de Teddy, professeur de surf à Capbreton : « Leur progression dans l’eau a été remarquable… Mais ce qui m’a le plus impressionné, c’était leur persévérance et cette envie constante d’y retourner ».
Les jeunes retiennent surtout la fierté d’avoir surfé pour la première fois, la joie des activités partagées et l’envie unanime de recommencer. “J’ai aimé le surf quand il y avait de grosses vagues qui me poussaient très fort dans l’eau. Et puis, c’était trop bien de jouer avec tout le monde dans l’océan, d’avoir les pieds nus dans le sable, de faire des promenades et d’aller au restaurant”, affirme Hassouna.
Une semaine structurante, où chaque vague a révélé leurs forces et renforcé leur confiance.