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Les jeunes du Perche valorisent leur terroir par la production de jus de pommes
Au Dispositif du Perche (Orne, Normandie), un projet de production de jus de pommes a rassemblé jeunes, professionnels et partenaires locaux, en proposant un parcours complet du fruit à la bouteille. Menée entre septembre et décembre 2025, l’initiative a mobilisé des jeunes âgés de 6 à 20 ans issus des différents pôles du dispositif (primaire, collège, pôle insertion professionnelle). Plus de 1,2 tonnes de pommes a été récoltée, triée, pressée, embouteillée puis étiquetée avant d’être présentée lors du marché de Noël. Une expérience collective qui a permis d’allier apprentissage, autonomie et valorisation.
Un verger ancien comme point de départ

Le projet prend racine dans le verger du site, un espace longtemps sous-utilisé. « Ce verger existe depuis longtemps et chaque année, produit énormément de pommes. L’idée était de trouver comment les faire consommer aux jeunes, mais dans un cadre conforme aux règles de traçabilité », explique Thomas Bresson, éducateur technique spécialisé à l’initiative de cette action. Pour garantir la sécurité alimentaire, l’équipe a choisi de collaborer avec des professionnels, ce qui ouvre la voie à une démarche à la fois réglementaire et pédagogique.
L’année ayant été particulièrement fructueuse, l’enjeu devient également écologique : éviter le gaspillage. Le projet se structure ainsi autour d’objectifs éducatifs, sociaux et inclusifs, tout en permettant à chaque jeune d’expérimenter une ou plusieurs parties du circuit de production.
Réunir l’ensemble des jeunes était une volonté affirmée. L’initiative a ainsi engagé progressivement l’ensemble du dispositif, en respectant le rythme et le niveau d’autonomie de chaque jeune.
Un projet pédagogique fédérateur
Quarante jeunes environ, accompagnés par une large partie de l’équipe éducative, se sont relayés sur les activités. Le ramassage s’est déroulé sur deux semaines, du 15 au 30 septembre, avant d’être suivi par le tri, le pressage, la mise en bouteille, la pasteurisation et l’étiquetage – une chaîne de production réelle, vécue étape par étape.
La collaboration avec les partenaires locaux, notamment la Maison Ferré et La Reinette Verte, a facilité l’intégration des jeunes à un véritable processus de transformation. « Nous avons travaillé dans la ferme de M. Ferré. Les jeunes ont pu voir, trier, goûter le jus qui sortait de la machine. C’était vraiment valorisant pour eux », raconte Thomas Bresson.
Les jeunes eux-mêmes témoignent de leur expérience : « J’ai adoré trier les pommes sur le tapis roulant. Je me suis senti vraiment utile », affirme Ryan, 19 ans, issu du pôle d’insertion professionnelle. Quant à lui, Antoine, 17 ans, raconte : « Mon moment préféré a été de ramasser les pommes avec la brouette ». Cette étape de la production a également plu à Séverine, 16 ans, qui déclare : « J’ai aimé ramasser les pommes, mais j’ai surtout apprécié les trier ensuite, entre celles qui étaient bonnes et celles qui ne l’étaient pas ».
Les groupes ont été constitués en fonction des disponibilités des éducateurs, mélangeant les âges et les pôles. « Même un enfant qui ramassait deux pommes était inclus. L’essentiel était qu’il se sente participer à une activité de groupe. C’est ça qui était gratifiant pour eux », souligne Thomas Bresson.
Les jeunes du pôle insertion professionnelle ont assuré l’embouteillage, l’étiquetage et la mise en carton aux Ateliers Saint-Eloi, consolidant leurs compétences en gestes professionnels et en organisation du travail.
De la création à la fierté : un produit final porteur de sens

La création de l’étiquette a été un moment marquant du projet. En classe, les jeunes ont imaginé dessins et noms, avant qu’un vote général ne départage les propositions. C’est le dessin de Mathéo qui a été retenu, accompagné du nom « Jus de pommes de Pigeon », un clin d’œil à l’histoire du domaine où les pommes ont été récoltées, nommé en effet « Domaine de Pigeon ».
Tout au long du projet, l’engagement a été visible : « Sur les photos, on voit leurs sourires, leur concentration. Pas besoin d’en dire plus. Leur visage suffit à montrer que ce projet s’est déroulé dans la joie et l’entraide », souligne l’éducateur. La découverte du produit fini, mis en vente au marché de Noël du dispositif qui se déroulera le 17 décembre, a été un moteur supplémentaire de fierté et de valorisation.
Si les bénéfices sont évidents – autonomie, travail d’équipe, découverte d’un circuit de production – l’avenir du projet se dessine déjà. Un programme de replantation de 100 à 200 pommiers est envisagé pour 2026, avec la volonté d’impliquer également les familles. « L’idée est que chaque famille qui le souhaite puisse venir planter un pommier avec son enfant, et lui donner un nom », annonce Thomas Bresson.
Une dynamique durable qui, selon l’éducateur, résume bien l’esprit de cette initiative : « Plaisir, développement des compétences et fédération du dispositif ».
