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Handicap psychique : découvrez les présentations et les photos de la journée régionale normande

Jeudi 11 avril 2019

Le 28 mars, le Dispositif habitat Côté cours (Le Havre, Seine-Maritime), de Vivre et devenir, a organisé en partenariat avec la Mairie du Havre et Santé mentale France Normandie, une journée d’échanges et de débats autour de la maladie psychique à l’hôtel de ville du Havre. Cette journée, animée par Christophe Douesneau, directeur général de Vivre et devenir, a rassemblé près de 300 participants et une trentaine d’intervenants venus de tous les horizons : médecins, personnes en situation de handicap psychique, proches, associations, travailleurs sociaux…

Le matin a permis de poser le cadre de la maladie psychique et ses impacts sur la vie quotidienne des personnes. Le Dr Marc Toulouse, psychiatre, praticien hospitalier et président de la coordination régionale Santé mentale France, a expliqué la différence entre la maladie mentale, qui s’accompagne toujours d’un déficit intellectuel et la maladie psychique, dans laquelle la personne présente des capacités intellectuelles normales, mais dont les problèmes psychiques empêchent son intégration dans la société. Selon lui, il est difficile de définir précisément les maladies psychiques, mais le point en commun entre ses maladies est qu’elles génèrent beaucoup de souffrance et sont liées à une anxiété pathologique.

Roselyne Touroude, vice-présidente de l’UNAFAM (Union des familles et des amis des personnes malades et/ou handicapée psychiques) est revenu sur la loi sur les droits des personnes handicapées de 2005. Cette loi met, pour la première fois, en relation les causes individuelles et environnementales, qui peuvent créer des difficultés ou au contraire, faciliter la vie de la personne. « Il faut construire des réponses pour lever les barrières et permettre que l’environnement devienne facilitateur pour les personnes en situation de handicap psychique. », a expliqué Mme Touroude.

 

15 – 25 ans : une période sensible pour les troubles psychiques

 

Trois intervenants ont abordé ensuite le passage charnière entre 15 et 25 ans pour les personnes présentant des troubles psychiques. Selon le Dr Alain Fuseau, psychiatre et président de la Fédération Adolescents de psychiatrie, cette tranche d’âge est concernée par des enjeux de transition dans tous les domaines : accompagnement, santé, emploi, scolarité, justice. C’est le moment aussi dans lequel émergent un nombre important de maladies psychiques telles que la schizophrénie et les troubles de l’humeur. Le Dr Guy Gozlan a évoqué le dispositif d’intervention précoce pour les premiers épisodes psychotiques qu’il dirige à Paris : le SAMSAH Prépsy. Il a expliqué que l’une des difficultés de cette tranche d’âge réside dans le manque d’information des jeunes et le fait qu’ils consultent peu des médecins. Le Dispositif habitat Côté cours a présenté sa nouvelle maison partagée 18-25 ans, ouverte en février 2019, pour permettre à des jeunes en situation de handicap psychique de disposer d’un logement protégé, qui agit comme une passerelle et évite les ruptures de parcours. Jérôme, âgé de 18 ans, a apporté son témoignage : « La résidence m’apporte une nouvelle vie, une vie d’adulte. Je m’y sens bien. J’aimerais plus tard mettre de l’argent de côté pour louer un appartement et m’acheter une voiture. »

La dernière thématique abordée dans la matinée a concerné le rôle de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) : un acteur incontournable pour l’accès aux droits et aux compensations du handicap.

 

Des expériences d’inclusion qui marchent

 

L’après-midi a été consacré à un retour d’expérience des acteurs de terrain pour coordonner le parcours de vie des personnes en situation de handicap psychique.

Les échanges ont débuté autour de l’expérience du Groupe 5, qui réunit des professionnels du sanitaire (équipe mobile), des bailleurs sociaux, de l’hôpital, des services à domicile pour les personnes et d’un centre tutélaire pour permettre le maintien dans le logement des personnes en situation de handicap psychique.

Le Dr Féthi Bretel a évoqué ensuite le travail du service ambulatoire de réhabilitation psychosociale du groupe hospitalier du Havre afin d’améliorer l’inclusion et prévenir les rechutes et les hospitalisations.

La journée s’est terminée par un débat sur l’accès et le maintien dans le logement, avec l’intervention de l’association La Clé à Rouen, du Dispositif habitat Côté cours de Vivre et devenir, de l’association la Ligue havraise et des représentants des Groupes d’entraide mutuelle « Les pieds dans le plat » et « La Sève ». Comme le résume, Marie Delaroque, directrice du Dispositif habitat Côté cours : « Le logement doit être le préalable à l’inclusion des personnes en situation de handicap psychique. Tout doit être mis en œuvre pour permettre à ces personnes d’accéder à un logement et de pouvoir y rester grâce à un accompagnement sur mesure, qui fait intervenir d’une manière coordonnée les différents professionnels selon les besoins de chacun. »

 

Téléchargez :

UNAFAM : Retentissements des troubles psychiques sur la vie quotidienne et sociale

Vivre et devenir : le Dispositif habitat Côté cours

Vivre et devenir : Groupe 5 du pôle insertion logement

Coopération territoriale en santé mentale : exemple du Groupe 5 du pôle insertion logement

Association la Clé : Croire aux habilités

Dr Alain Fuseau : enjeux des troubles psychiques à la majorité

 

Regardez les photos de la journée :